tortiCOLi SwissTour (Sep. 2006)

Au loin le col de Grimsel (CH)

Gothard, Nufenen, Grimsel, Susten, Oberalp, Furka

Suite à l’acquisition d’une moto presque neuve, arborant fièrement une vignette suisse sur sa bulle avant, il était grand temps de cesser mon boycott personnel contre la Confédération helvète. Au petit matin du lundi 4 septembre 2006, le gros boxeur 1 200cc démarre pour la redécouverte des paysages magnifiques et de routes qui restent un véritable régal pour les motards. Les vacances étant terminées dans la plus part des pays, le voyage ayant lieu du lundi au mercredi, de nombreuses routes sont dégagées : c’est parti pour le tortiCOLi ou Swisstour 2006.

Après avoir beaucoup bourlingué en Suisse – notamment sur une Honda Dax 50cc qui a franchi le col du Gothard – et des machines beaucoup plus lourdes (Suzuki GS 850, Honda 900 Bol d’Or), j’ai de fait cessé il y a plus de 20 ans de voyager dans les Alpes suisses. L’introduction de la vignette en 1985 ayant été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les hôteliers n’étaient pas toujours très sympathiques  vis-à-vis des motards, la police non plus (routes secondaires limitées à 80 km/h) et le franc suisse  était une monnaie forte.

Si pour le franc rien ne semble changé, il existe désormais de nombreux hôteliers spécialisés pour l’accueil des motards (et des cyclistes), et lors du Swisstour 2006 je n’ai pas eu l’honneur d’être confronté à la police. Il ne reste finalement que le regret… d’avoir évité bien trop longtemps le pays de Guillaume Tell.

Lundi 4 septembre, départ de Luxembourg après avoir fait le plein : le réservoir de 27 litres de la BMW 1200 RT, dans les conditions du parcours (5,1 litres /100 km) fournit une autonomie de bien plus de 400 kilomètres. Vite (façon de parler) se faufiler entre les radars de l’autoroute A31, passer sur l’A4 direction Strasbourg pour la quitter avant le premier péage, direction Château-Salins via les départementales.
La première halte, après 165 kilomètres, permet de jeter un coup d’œil sur le chemin de fer forestier d’Abreschwiller, d’y profiter de la cafétéria et des sympathiques dames à l’accueil. La halte est brève : il est temps de s’échauffer avec l’escalade d’un premier col.

Col du Donon

Rencontre vapeur à Abreschviller (Vosges, France)

Hauteur : 718 mètres. Montée depuis Abreschwiller : 24 kilomètres. Descente sur Schirmeck : 10 kilomètres.

Si le col du Donon, le plus septentrional du massif des Vosges, ne culmine qu’à 718 mètres, il offre néanmoins toutes les caractéristiques d’un « vrai » col. L’approche depuis Abreschwiller sur la D44 se fait par une petite route étroite, avec un nouveau revêtement sur les premiers kilomètres puis une chaussée en plus mauvais état, mais parfaitement praticable  même par une moto sportive. Avant l’arrivée au col de magnifiques vues s’ouvrent sur les Vosges. Lors de notre passage, les quelques établissements n’avaient pas vraiment l’air accueillant : on entame immédiatement la descente par une route bien large et roulante jusqu’à Schirmeck.

Strasbourg – cathédrale Notre-Dame de Strasbourg (France)

Après Schirmeck, des larges routes nationales mènent à Strasbourg (distance depuis Luxembourg via le Donon : 248 kilomètres). La signalisation «Petite France – Cathédrale» permet au motard de se diriger facilement vers le centre touristique de l’une des capitales européennes. Pas de parking spécifique pour les motards, mais ils peuvent se garer facilement sur la place du Château, à côté de la cathédrale Notre Dame de Strasbourg.

Traversée du Rhin en direction de Kehl pour suivre tout droit la B28 pour une étape gastronomique à Oberkirch (depuis Luxembourg : 278 kilomètres), dans le magnifique «Romantik Hotel zur Oberen Linde».

Après la pause midi, la deuxième étape conduit à travers la Forêt noire vers la Suisse centrale. La BMW R 1200 RT quitte la B28 à Bad Peterstal pour s’engager dans une petite vallée en direction de Wolfach. La B33 passe ensuite devant le musée rural et le plus grand coucou du monde pour passer près de Villingen – Schwenningen.

Rheinfall – les chutes du Rhin – Schaffhausen (CH)

Direction la frontière Suisse par la B27 en suivant les panneaux Schaffhausen pour un petite étape aux chutes du Rhin (suivre les panneaux Rheinfall, avec traversée de Neuhausen derrière les cars de touristes). 140 kilomètres ont été parcourus depuis Oberkirch.

Le parcours entre Schaffhausen et le Lac de Zürich est plutôt ennuyeux : «autoroute à 2 x 1 voie » jusqu’à Winterthur, puis une route nationale à travers des villages avec de très nombreux feux rouges. Mieux aurait valu rester sur l’autoroute « 1 » puis « 53 » jusqu’à Wetzikon… Après les embouteillages à Rapperswil, le motard est récompensé par le passage sur le Seedam sur le Lac de Zürich.

Le dernier trajet par le «Sattel» (932 mètres) est pas contre magnifique, d’autant plus que les automobilistes locaux ne  prennent pas trop au sérieux la limitation à 80 km/h. Après un petit détour par le belle place centrale de Schwyz, la journée se termine par la nationale 4 entre les falaises et le lac des quatre cantons jusqu’à l’étape du soir : l’hôtel Tourist à Flüelen. 268 kilomètres ont été parcourus depuis Oberkirch, 550 kilomètres depuis Luxembourg.

Flüelen – Hotel Tourist (CH)

L’hôtel Tourist dispose d’un excellent site internet… qui ne doit pas tromper sur le fait qu’il s’agit d’un «Gasthaus» (Auberge), au confort plutôt rudimentaire. Les (petites) chambres disposent d’une (petite) salle de bain avec douche, elles sont équipés d’une télévision et d’un sèche-cheveux. L’hôtel s’est spécialisé sur une clientèle de motards qui disposent notamment d’un garage fermé et de nombreuse littérature (en allemand)

Deuxième jour : les cols

La vallée du Gothard (CH)

C’est aujourd’hui (mardi 5 septembre)  que commence la véritable ascension des cols de la Suisse centrale. Malgré la vignette, la BMW R 1200 RT ne posera pas ses roues sur l’autoroute, celle qui sert aux nombreux touristes se rendant vers l’Italie et surtout… aux milliers de camions assurant le «trafic nord-sud».
L’autoroute qui mène vers le tunnel du Gothard a un grand mérite : l’ancienne route – rebaptisée « route historique » par le marketing touristique – est pratiquement vide, réservée semble-t-il aux motards en mal de ballade.
Après la traversée de la charmante petite ville d’Altdorf débute la montée en direction du Gothard avec le passage le long du chantier du nouveau «tunnel de base» qui traversa la massif à l’horizon 2012. En restant sur la route historique – et ne négligeant certains contournements – on peut ainsi traverser les villages typiques de Wassen, Göschenen (entrée des tunnels ferroviaires et routier).

Col du Gothard
Hauteur : 2 108 mètres. Distance Andermatt – Airolo : 27 kilomètres

Col du Gothard – 2 091 métres- (CH)

Le départ de l’ascension du col est officiellement situé à Andermatt, qui conserve encore quelques casernes militaires et aussi une grande gare des chemins de fer à voie étroite, permettant notamment d’embarquer des voitures souhaitant éviter le col de la Furka.
Le Gothard est une très ancienne voie de passage vers le sud, son nom apparaît une première fois en 1236. Le tunnel ferroviaire a été achevé en 1882, le tunnel routier fut inauguré en 1980.
Ce tunnel à l’avantage de laisser la route vers le sommet aux seuls touristes, dont de nombreux motard… et cyclistes. La «nouvelle» route du Gothard est très large et très roulante, en dehors de quelques passages avec des lacets étroits au début de la montée. La descente vers Airolo est également très roulante.
Il reste toute un variante très technique, a utiliser de préférence par temps sec : l’ancienne route du Gothard, toujours pavée (la descente débute entre le musée et l’hospice). Un vrai régal à condition d’y aller mollo…

Col du Nufenen
Hauteur : 2 478 mètres. Distance Airolo – Ulrichen : 37 kilomètres

Au sommet du col de Nufenen -2 478 mètres – (CH)

Le Col du Nufenen est le plus haut des cols reliant des vallées à l’intérieur de la Suisse, c’est aussi le dernier ouvert à la circulation. La BMW quitte Airolo prés de la station service BP (une bonne occasion de refaire le plein…) pour se lancer dans la vallée de Bedretto avec quelques charmants villages.
La bonne route monte progressivement… pour se terminer dans d’impressionnants lacets permettant de gagner le sommet du col… et son impressionnant panorama.

La descente vers Ulrichen est de la même veine : lacets pour perdre rapidement de la hauteur et rejoindre une jolie vallée… puis le village typiquement suisse qu’est Ulrichen. Reste une dizaine de kilomètres (et quelques lacets) pour rejoindre Gletsch. Hameau composé d’une gare et de quelques (vieux) hôtels d’où partent les cols du Grimsel et du Furka. Aujourd’hui, ce sera la Grimsel.

Col du Grimsel
Hauteur : 2 165 mètres. Distance Gletsch – Innertkirchen : 33 kilomètres

Col de Grimsel versant nord – le lac artificiel (CH)

L’ascension du Grimsel débute sur une route large aux lacets généreux : on peut adopter une conduite sportive… mais mieux vaut une allure relax permettant d’admirer le versant adjacent la route qui monte vers le col du Furka mais encore le Rhône et sa source, un impressionnant glacier.
Au sommet, un parking est réservé aux motard, et présente d’agréables suprises. La descente, toujours sur une route en excellent état, longe les lacs artificiels (utilisé pour la production d’électricité) avant de retrouver une vallée plus boisée. On descend jusqu’à Innterkirchen… pour remonter aussitôt en direction du col du Susten.

Col du Susten
Hauteur : 2 224 mètres. Distance Innertkirchen – Wassen : 46 kilomètres

Au sommet du col de Susten – 2 224 mètres – (CH)

C’est reparti pour le col de Susten par une belle route qui se faufile d’abord dans une verte vallée, avec de nombreuses petites auberges invitant à une pause. Mais c’est plus haut que cela ce passe : la route prend l’allure d’une véritable route de montagne, et offre de vues magnifiques sur les sommets : à droite le Sustenhorn cumule à 3 503 mètres, à gauche le Titlis atteint 3 238 mètres. Le tout ponctué de quelques glaciers – ou ce qui en reste vu le réchauffement du climat – et de nombreuses cascades. Ne pas oublier de s’arrêter en route.
La descente vers Wassen est tout aussi belle, la route un peu plus étroite. Attention aux derniers lacets prés de Wassen… après avoir suivi un trajet assez droit depuis le village de Meien.

Terminus pour cette journée bien chargée à Wassen ? Comme il fait beau et qu’il n’est que 17 heures, pourquoi ne pas se lancer à l’assaut d’un col qui ne figurait pas au programme initial ? Allez hop, un route vers le col du Oberalp.

Col du Oberalp
Hauteur : 2 044 mètres. Distance Andermatt – Disentis : 33 kilomètres.

Au sommet du col Oberalp – 2 044 mètres – (CH)

Retour sur Andermatt, bier sûr par l’ancienne route plutôt que l’autoroute surchargée en poids lords. A partir du pied du Col du Oberalp, une route large à l’excellent revêtement  et aux lacets aux diamètre généreux… joue à saute mouton avec le chemin de fer à voie étroite, parcouru notamment par le célèbre Glacier Express. La route et le rail se hissent au sommet du col où l’on trouve une gare et une gentille petite auberge (4 mètres plus haut que le col, signale son enseigne).  La descente vers Disentis et plus étriquée et pas toujours en bon état. Demi-tour à Tschamut, le premier village après le col : c’est l’heure d’aller retrouver le gîte à Wassen.

Wassen dans la vallée de Gothard (CH)

Point de passage obligé vers le Gothard… jusqu’au tracé de l’autoroute, Wassen et une petite ville qui cherche son second souffle. La ligne ferroviaire du Gothard passe trois fois à Wassen… gagnant de la hauteur par des tunnels hélicoïdaux. L’église, bien visible de l’autoroute comme des la ligne de chemin de fert, date de 1733.
Goethe ayant logé dans la petite ville, pourquoi ne pas y faire halte.

L’Hôtel «zur Alten Post», une maison typique de l’Uri datant du 16e siècle, et faisant parti des maisons spécialisées pour l’accueil des motards, servira de gîte. Le repas est excellent, les chambres sont sommaires. Ni télévision ni radio. Mais après la journée des cinq cols, nul besoin de programme télé pour s’endormir.
Ce deuxième jour, la BMW a parcouru 262 kilomètres.

Troisième jour : le retour

Parce que c’est si bon – et si beau – le passage par les cols n’est pas terminé : deux grands cols, dont le Grimsel déjà parcouru le premier jour, figurent encore au programme.

Au départ de Wassen, la BMW R 1200 RT se lance une troisième fois en direction du Gothard, jusqu’à Andermat,  mais cette fois pour bifurquer en direction du Col du Furka.

Au sommet du col de Furka – 2 436 mètres – (CH)

Col du Furka.
Hauteur : 2 431 mètres. Distance Hospental – Gletsch : 29 kilomètres

C’est à Hospental, sur la route du Gothard, que la route bifurque vers la droite. Jusqu’à Realp, la route file presque droite. Par la suite, de nombreux lacets sur une chaussée pas très large, accrochée à  flanc de vallée rendent le parcours plus technique. De préférence, ne pas être sujet au vertige. On est toutefois récompensé en haut du col du Furka , sur un parking situé à une centaine de mètres des premiers hôtels, par un magnifique panorama. Sans doute le plus beau de ce périple.
Lors de la descente vers Gletsch, une nouvelle halte s’impose au belvédère du glacier du Rhône, la même ou ce puissant fleuve prend sa source. La descente vers Gletsch permet d’apprécier la route qui mène vers le col du Grimsel, déjà empruntée la veille et qui servira une nouvelle fois. Cette fois, au pied du Grimsel, le voyage se poursuit vers Meiringen et le lac de Brienz.

Le lac de Brienz (CH)


C’est d’ailleurs à Brienz, atteint à midi, que se termine la ballade proprement dite. L’occasion pour le motard de jeter un regard sur d’autres moyens de locomotion : dans un rayon d’une cinquantaine de mètres on peut admirer les quais pour  bateaux à passagers, la gare des trains régionaux … et celle d’où part le chemin de fer à crémaillère et à vapeur vers le Rothorn (Rothornbahn).

Il reste, via les autoroutes Suisses,  un passage dans le Jura, l’entrée en France via Belfort et une dernière escalade – cette fois celle du Ballon d’Alsace (hauteur 1 247 mètres) – a rejoindre Luxembourg.
Distance pour cette dernière journée : 617 kilomètres, distance totale parcourue : 1 429 kilomètres.

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